Links zum Text und die Möglichkeit, diese Seite weiterzusenden, finden Sie am Ende dieser Seite


Fokus
5.2010


 Depuis leurs premiers travaux en 2002, le collectif_fact, Annelore Schneider et Philippe Piguet (sans Swann Thommen depuis 2009), interrogent le réel urbain. Son identité, ses repères signalétiques, ses trajets routiers, la typologie de ses édifices, ses espaces publiques. Mais justement, cette identité résiste-t-elle à la globalisation ?


collectif_fact - «CITYmulation»


von: Françoise Ninghetto

  
collectif_fact · Chongqing, 2009, Imprimé sur bâche plastique, 230 x 440 cm, 2009, pièce réalisée en collaboration avec Swann Thommen Traduction: 06/12/2008, 15 mil. m3 built; 01/06/2009, 17 mil. m3 built; at the end of 2008, volume of empty apartments hit 91 mil. m3


Il fallait bien qu'un jour ils se rendent à Hollywood, haut-lieu mythique de la fiction et de la déréalisation. Eux qui cherchent à débusquer le réel en le passant au crible des manipulations électroniques : décomposition, effacement, déplacement, utilisation paradoxale du système de représentation de l'architecture, modélisation, ruptures d'échelle, programmation répétitive, déconstruction de la cohérence spatiale. Ils avaient déjà approché l'univers factice hollywoodien dans des vidéos «Bubblecars», 2004, qui se jouaient de manière absurde des poncifs du cinéma américain. La rencontre se fait, cette fois, avec une série de photographies, «Studio Warner Brothers», 2010, d'une ville «universelle». Autrement dit une ville de décors qui dégage une étrangeté dont on ne saisit pas immédiatement l'origine, mais qui dit bien le malaise contemporain entre des référents d'un idéal architectural avoisinant la fin du 19e siècle et la cité d'aujourd'hui.
Que seront celles qui se développent actuellement en Chine ? De leur résidence à Chongqing, les deux artistes ramènent des photographies qui n'ont subi aucune manipulation informatique. Mais qui posent des questions similaires : quelle sera l'identité de ces villes, quels modèles seront adoptés, quels en seront les repères alors qu'elles se bâtissent sur l'effacement de ce qui a précédé.
Troisième volet de l'exposition, troisième scénario de la réflexion sur la cité portant sur la typologie des bâtiments. Identifiables par ceux qui connaissent Genève, les images vont au-delà de l'acte de remémoration. «DOWTtown», 2008, une série de sept photographies, montre des immeubles qui paraissent s'être enfoncés dans le sol. Ne restent visibles que les étages supérieurs reposant à même la rue : une architecture à raz du sol qui semble, par la perte de sa verticalité, pouvoir s'étendre dans une horizontalité infinie introduisant une confusion entre ce qui définit un centre ville de la périphérie.
Manié par collectif_fact, le monde virtuel de la 3D, ses dislocations, ses déplacements, ses rapprochements n'ouvre pas sur un espace abstrait que l'imaginaire peuplerait d'un monde où la vie serait de meilleure qualité, pleine de fantaisie enjouée. De fait, il nous tend une sorte de miroir de la réalité dans laquelle priment les règles du marché international. Fictionnel, le langage virtuel, comme l'absurde mis en scène dans certaines de leurs vidéos, affirme une position critique sur l'avenir de nos villes perdant peu à peu leur identité.


Bis: 16.05.2010



Links

Anfang Zurück zum Anfang
Ausgabe 5  2010
Institutionen Centre de la Photographie Genève [Genève/Schweiz]
Autor/in Françoise Ninghetto
Künstler/in collectif_fact
Weitersenden http://www.kunstbulletin.ch/router.cfm?a=1005031100063AU-6
Geben Sie diesen Link an, falls Sie diesen Eintrag weitersenden möchten.